vendredi 13 avril 2012

Bref, je suis dépressive

Cela fait quand même quelques semaines que je me retiens d'écrire cette article. Mais je pense que j'en ai besoin pour aller mieux. Attention comme son titre l'indique, cet article est déprimant (haha).

Il y a un peu plus de 10 ans, suite à un drame familial (dont je ne parlerais pas ici), j'ai fait ma première dépression. Je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait, je pleurais pour rien, à la moindre contrariété, je fondais en larmes. J'arrivais très bien à le cacher, personne ne pouvait se douter de ce que je traversais. Il me semble que cette période sombre ait duré trois semaines, temps au bout duquel j'ai décidé d'arrêter de pleurnicher et de continuer tranquillement ma petite vie. Mais c'était sans savoir que c'était le début d'une longue suite de déprimes à répétition... La seule année où je n'ai pas craqué (du moins je ne m'en souviens pas), c'était l'année de mon bac. Bizarrement, c'est quand même une année où le stress est à son maximum, mais pourtant, j'ai gardé mon calme.

Lors de ma première année d'études supérieures, tout a basculé. Je suis passée de la 'petite' déprime passagère à la 'vraie' dépression, jusqu'à en arrêter mes études, à arrêter de vivre tout court, et à vouloir que tout s'arrête. Plus rien n'avait de sens à mes yeux, ni ma misérable vie, ni mes rêves d'avenir, ni le fait que mes proches et moins proches s'inquiétaient. Je ne voyais que mon mal-être, cette souffrance qui me rongeait de l'intérieur et dont je n'arrivais à parler à me débarrasser...

Je pense que c'est à ce moment-là où je me suis 'habituée' à être déprimée. J'ai laissé mes peurs et mes souffrances devenir une part de moi. Cela m'a pas mal pourri la vie, et je dis souvent que je passe mon temps à me mettre des bâtons dans les roues. J'ai vécu avec cette mélancolie au plus profond de moi, ai appris à l'apprivoiser et à la cacher.

Car plus que tout, et encore maintenant, j'ai honte d'être dépressive. J'évoque mes épisodes dépressifs assez rarement, et quand je le fais, j'ai toujours l'impression d'être prise pour une folle. Des fois je donnerais tout ce que j'ai pour avoir une 'vraie' maladie, avec des symptômes visibles. Oui c'est stupide, mais c'est comme ça que je le ressens. Le sentiment d'être incomprise ne me quitte pas. Celui aussi d'être responsable de mon état actuel. Forcément, je culpabilise d'en être arrivée à ce point...

J'ai décidé de consulter un psychologue. Pour en finir enfin avec tout cela. Au-delà du simple fait que je suis dépressive depuis 10 (longues) années, j'ai toujours été anxieuse/angoissée/mal dans ma peau. Il est grand temps que ça change. Je veux me battre, même si ça sera long, même si ça me semble insurmontable, pour vivre mieux, pour avancer, pour moi. Parce que je sais que je vaux bien plus que cette jeune femme qui se laisse envahir par cette foutue maladie.